Mes aïeux sont partis en mort naturelle – suite à une intervention provoquant la mort.
Introduction
Le débat actuel sur la fin de vie soulève une question que l’on n’osait plus poser : la mort naturelle est-elle perçue comme indigne ? Entre évolution législative et pressions médiatiques, la frontière entre “droit de mourir” et “devoir de s’effacer” devient de plus en plus poreuse.
1. La dignité : une notion détournée ?
La dignité humaine est souvent invoquée pour justifier l’aide active à mourir. Pourtant, elle ne réside pas uniquement dans la maîtrise du calendrier.
- La vision biologique : La fin de vie naturelle est un processus, un temps de transition pour le mourant et ses proches. Est-elle indigne parce qu’elle comporte une part de vulnérabilité ?
- Le risque de la performance : Dans une société axée sur l’autonomie, la dépendance est de plus en plus perçue comme une déchéance, transformant la fin de vie naturelle en une “anomalie” que la médecine devrait corriger.
2. Le “mensonge” de la fiction juridique
Une des dérives les plus marquantes des débats récents est la volonté de qualifier administrativement une aide active à mourir de “mort naturelle”.
- Pourquoi ce choix ? Pour protéger les héritiers et les contrats d’assurance.
- Le problème : En gommant la distinction sur le certificat de décès, la République se ment à elle-même. On crée une équivalence factice entre un processus biologique et un acte médical volontaire. Il serait plus honnête de maintenir la distinction tout en adaptant le Code des Assurances pour protéger les familles.
3. Vers un eugénisme social ?
Si l’on ne protège plus la spécificité de la mort naturelle, le risque de la “pente glissante” est réel.
- La pression du coût : À terme, la société pourrait redéfinir la notion de “vie digne” en fonction de critères d’utilité ou de coût pour la collectivité (retraites, soins de longue durée).
- La manipulation du choix : Le consentement peut être induit par un environnement social qui valorise l’effacement. Le “droit de mourir” pourrait subtilement se transformer en une injonction à ne pas être une charge pour autrui.
4. Le rôle trouble des médias
Le journalisme actuel joue un rôle majeur dans cette évolution par ce que l’on appelle le cadrage invisible (framing) :
- Une opinion cachée : Sous couvert d’information, beaucoup de médias orientent le débat par le choix des invités ou le montage d’émotions fortes, rendant la mort naturelle “effrayante” et l’aide active “héroïque”.
- L’urgence d’un recadrage : Il est nécessaire d’exiger une neutralité réelle et de cesser de présenter des choix philosophiques comme des vérités officielles implicites.
Conclusion : Retrouver la vérité des mots
Pour protéger l’avenir, nous devons nommer les choses. La mort naturelle doit rester un droit protégé, non pas comme une souffrance imposée, mais comme le respect de notre humanité biologique face à une technicisation croissante de l’existence.
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